play_arrow
Primaël Montgauzí : La voix occitane ouverte sur le monde Alain Pierre
Primaël Montgauzí : La voix occitane ouverte sur le monde
Il y a un instant de grâce dans le studio feutré de l’émission, ce silence suspendu, presque religieux, juste avant que Primaël Montgauzí ne pose les doigts sur le manche de sa guitare. Puis, sa voix s’élève. Chaude, profonde, patinée par les vents du Sud-Ouest, elle fait soudain basculer l’atmosphère. L’auditeur ne fait plus face à un simple musicien, mais à un sculpteur d’émotions brutes, capable de contourner l’intellect pour toucher directement l’âme.
Héritier de la rigueur classique par une grand-mère pianiste, Primaël a reçu de son grand-père un legs plus immatériel : la musicalité poétique de la langue d’oc. Pourtant, c’est par le vaste monde qu’il a choisi d’y revenir. Bossa-nova, fado, chanson cubaine… il tresse naturellement son occitan aux cordes nylons des musiques ibériques et latines. Sous ses doigts et dans son souffle, l’occitan n’est plus une relique sous cloche, mais une « langue-monde » poreuse, vibrante, qui dialogue en duo avec l’arabe d’une artiste tunisienne ou la poésie du Pays Basque.
Sa boussole intérieure tient en une phrase du musicien sud-américain Atahualpa Yupanqui, qu’il livre au micro avec une ferveur palpable : « Lo primero es el hombre, y lo segundo el poeta » (L’homme d’abord, le poète ensuite).
Cette exigence d’humanité n’est pas qu’une formule, elle irrigue son travail de transmission. Aux côtés de l’association Voix du Sud, Primaël va s’asseoir avec des collégiens, dans l’acoustique ingrate des salles de classe, pour les aider à accoucher de leurs propres mots en occitan. Lorsqu’il évoque ce besoin de forger une « identité populaire » par la chanson, le rythme de sa parole s’accélère. On devine l’urgence lumineuse d’un artiste qui refuse de voir disparaître la mémoire des siens.
Qu’il chante en catalan ou réhabilite avec tendresse le Francitan — ce métissage souvent moqué qu’il chérit comme un trait d’union —, Primaël Montgauzí est un tisseur de liens. Il sublime la vulnérabilité d’une culture menacée pour en faire une main tendue, un appel rythmé et joyeux. Tant que sa voix résonnera, l’occitan ne sera jamais une cendre, mais un feu toujours ardent.
play_arrow
Primaël Montgauzí : La voix occitane ouverte sur le monde Simon Bordelais
Podcast: Play in new window | Download
S'abonner à nos podcasts Apple Podcasts | RSS | More