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Pas d'affolement nous voilà : Catherine Marquez animatrice socio culturel Hôpital de Cadillac FV/23
C’est une émission pas tout à fait comme les autres qui résonne sur les ondes du 98.4 FM. Avec « Pas d’affolement, nous voilà », l’Atelier Radio de l’hôpital de Cadillac ne se contente pas de divertir : il soigne. Diffusé sur Radio Entre-Deux-Mers (RE2M), ce rendez-vous mensuel est devenu une bouffée d’oxygène, un espace où la psychiatrie s’ouvre sur la cité et où les étiquettes s’effacent derrière les voix.
La culture, bien plus qu’une distraction
Au micro, Catherine Marquez, coordinatrice socioculturelle de l’établissement, insiste sur un point crucial : ici, la culture n’est pas là pour « passer le temps ». C’est un levier thérapeutique puissant. Son métier ? Tisser des liens. Elle orchestre la rencontre entre l’univers hospitalier et le monde artistique extérieur.
Loin d’être passifs, les patients deviennent acteurs de leur parcours. Comme l’explique Catherine, monter un projet culturel nécessite de la coopération, de l’écoute et une participation active. C’est une manière de se projeter, de sortir de l’isolement et de retrouver une place dans le collectif. C’est ce travail de fond, soutenu par la direction et le comité « Culture et Santé », qui permet de faire tomber les murs de l’hôpital.
Quand la parole se libère : le témoignage de Steve
L’émotion était palpable lorsque Steve, nouveau venu à l’atelier, a pris la parole. Originaire de la Réunion, il a partagé son histoire avec une franchise bouleversante. Pour lui, la radio est une expérience inédite, presque vertigineuse, mais surtout libératrice.
« C’est un grand geste d’amour », confie-t-il à propos de son passage à l’antenne. Steve ne cache pas ses failles, évoquant sa dépression et sa tentative de suicide avec pudeur. Mais derrière le micro, il se redresse. Il choisit de diffuser « L’Enfer » de Stromae, un morceau qui fait écho à sa propre chute, mais surtout à sa volonté de se relever. Pour Steve, cet atelier est une renaissance, une façon de laisser le passé derrière lui et de dire : « Je suis là ».
De la nostalgie à la passion : les multiples visages de l’atelier
L’émission est aussi le reflet de la diversité des patients. On passe des larmes aux sourires avec Hugo, un collectionneur passionné. Son truc à lui ? Disneyland Paris et… les jetons de caddie ! Avec une innocence rafraîchissante, il raconte ses souvenirs de Marne-la-Vallée et sa quête inlassable d’objets collector.
Ces échanges, qu’ils soient profonds ou plus légers, montrent toute l’humanité qui règne dans ces ateliers. Béatrice, Valérie, ou encore Jean-Marie interviennent pour parler poésie, slam ou peinture, prouvant que l’art est un langage universel qui transcende la maladie.
Un agenda culturel foisonnant
L’hôpital de Cadillac ne vit pas en vase clos. Catherine Marquez et son équipe multiplient les événements ouverts au public. Après le succès des « Nuits de la lecture », l’établissement prépare son « Printemps de la culture » le 20 mars prochain. Au programme : colloques, expositions aux Carmes, théâtre et danse.
Ces initiatives sont essentielles. Elles permettent aux patients de montrer leurs talents – souvent insoupçonnés – et au grand public de changer de regard sur la santé mentale. Comme le résume si bien Catherine : « Je ne peux pas travailler sans les autres ». C’est peut-être ça, la véritable définition du soin : refaire société, ensemble.
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Pas d’affolement nous voilà : Catherine Marquez animatrice socio culturel Hôpital de Cadillac Francis Virepinte
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