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Léonore Chaplin : La Métamorphose par la Soie Japonaise Mathieu Romain
Léonore Chaplin : La Métamorphose par la Soie Japonaise
Pendant deux décennies, la vie de Léonore Chaplin s’est écrite en colonnes et en chiffres. Secrétaire comptable, elle habitait le silence abstrait des bureaux, loin du fracas de la matière. Mais dans cette famille d’artisans où l’on sculpte, pétrit et tisse. Par une méthode de soustraction radicale — définir ce qu’elle ne voulait plus pour enfin deviner qui elle était — Léonore a lâché les tableurs pour les étoffes.
Sa passion a un nom : l’Obi. Cette ceinture de soie japonaise, longue de quatre mètres et chargée d’histoire, est devenue son terrain d’expression. Mais Léonore ne se contente pas de coudre ; elle honore. Refusant l’à-peu-près, elle a passé son CAP couture à la Philomatique de Bordeaux pour offrir à ces soies séculaires une technicité à la hauteur de leur noblesse. Sa voix, autrefois vouée à la rigueur administrative, vibre aujourd’hui d’une précision nouvelle lorsqu’elle évoque le « beau geste » et la chute d’une aiguille sur un fil métallisé.
Sous sa marque Tsukimi (« contempler la lune »), elle transforme le sacré en usuel. Les soies de kimonos deviennent des pochettes, des bandeaux ou des housses d’ordinateurs. L’idée est d’une simplicité désarmante : injecter une dose de beauté pure dans la banalité des jours. Un simple regard sur le reflet changeant d’une broderie suffit à enchanter une séance de travail.
Léonore Chaplin ne se contente pas de recycler des tissus ; elle retisse son propre destin. Entre ses mains, le passé impérial du Japon rencontre la modernité bordelaise, et le lapin lunaire de son logo semble enfin avoir trouvé son foyer : là où la main et l’esprit ne font plus qu’un.
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Léonore Chaplin : La Métamorphose par la Soie Japonaise Simon Bordelais
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