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Des champs de La Réole au soleil du Mexique : L’improbable rencontre.

micAlain Pierretoday6 janvier 2026 7

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    Des champs de La Réole au soleil du Mexique : L'improbable rencontre. Alain Pierre


Quand le Michoacán rencontre La Réole : l’hiver français vu par Valentina

Dans notre studio de radio locale en Gironde, cet échange étudiant met en lumière la rencontre entre engagement local et ouverture internationale.

D’un côté, le chant rocailleux de l’occitan, porté par un animateur à la verve gasconne ; de l’autre, la mélodie douce et chantante de l’espagnol mexicain. Ce matin-là, les ondes ne transportent pas seulement des mots : elles tissent un pont improbable entre un agriculteur girondin et une lycéenne venue de l’autre bout du monde.

L’architecte du lien

Philippe Tarditi ne porte pas son titre de président du Rotary Club comme une médaille, mais comme un outil de travail. Assis derrière le micro, il dégage cette force tranquille propre aux hommes de la terre. Agriculteur de métier, il a cette patience séculaire de celui qui sait que, pour récolter, il faut d’abord semer.

Qu’il s’agisse d’organiser une marche pour l’éradication de la polio, de vendre des huîtres sur un marché ou de collecter des bouchons en plastique pour financer la lutte contre le cancer, Philippe aborde chaque tâche avec la même gravité bienveillante. Pour lui, il n’y a pas de petite action, seulement des engrenages nécessaires à la grande mécanique de l’entraide.

Lorsqu’il parle du Rotary, sa voix perd toute trace de formalisme institutionnel. « Servir d’abord » n’est pas un slogan marketing : c’est une ligne de conduite. Il raconte avec fierté le programme Student Exchange, détaillant la complexité des départs et des arrivées, le coût réduit pour les familles grâce à la solidarité du club, et la magie de voir une jeune fille de Gironde partir au Pérou tandis qu’une Brésilienne découvre le Sud-Ouest. Philippe est un passeur : celui qui permet aux jeunes de franchir les océans pour comprendre que, malgré les différences de climat ou de culture, l’humanité reste la même.

Un ancrage local pour une portée universelle

Profondément enraciné, Philippe parle de La Réole, de Monségur, de Sauveterre ou de Pellegrue avec l’affection de celui qui connaît chaque virage. Il dirige un club hétéroclite — de l’artisan au retraité — avec la conviction que la diversité est le seul terreau fertile.

Il ne cache pas les difficultés : la mobilisation des bénévoles est un combat constant, le rajeunissement des effectifs un défi permanent. Mais son regard s’illumine véritablement lorsqu’il évoque la jeunesse. Il n’est pas là pour briller en société, mais pour ouvrir des portes.

L’exploratrice du froid

À ses côtés se trouve Valentina Carroz Araya. Elle a 17 ou 18 ans, mais dans son regard brille déjà la sagesse des voyageurs. Venue du Michoacán, terre chaude du sud-ouest mexicain, elle a atterri dans l’hiver girondin comme une fleur tropicale transplantée dans un sol givré.

À la radio, on ne voit pas son sourire, mais on l’entend. Il se glisse dans sa maîtrise impressionnante du français, une langue qu’elle apprivoise depuis seulement quelques mois. Avec un rire cristallin, elle avoue que le « froid » français la saisit : les 18 degrés qui ravissent les locaux la font frissonner, et l’absence de picante dans la cuisine laisse son palais nostalgique.

Pourtant, Valentina ne se plaint pas. Elle absorbe l’altérité avec une curiosité vorace. Elle troque les tacos pour la baguette, les mariachis de Noël pour les longs repas familiaux du 25 décembre. Elle incarne l’archétype de l’exploratrice : celle qui quitte le confort du connu pour se confronter à la rugosité du monde. Sa force réside dans cette capacité d’adaptation fulgurante, passant d’un lycée mexicain aux journées à rallonge du système scolaire français sans perdre sa joie de vivre.

La chaîne de confiance

Ce qui lie Philippe et Valentina, c’est le programme Student Exchange. Philippe l’explique avec une clarté pédagogique : ce n’est pas du tourisme, c’est une école de vie. Un système basé sur une confiance totale et une absence de réciprocité directe. Une famille française envoie son enfant à l’autre bout du monde et, en retour, en accueille un autre, sans jamais savoir précisément ce que l’avenir leur rendra.

Entre les bouchons de liège recyclés et les billets d’avion pour l’étranger, Philippe Tarditi construit, silencieusement, des ponts entre les hommes. Il a compris que la richesse d’une vie ne se mesure pas à ce que l’on possède, mais à ce que l’on permet aux autres de devenir.


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