play_arrow
Christian Maizeret : Raviver la flamme gasconne Mathieu Romain
Christian Maizeret : Raviver la flamme gasconne
À un « Bonjour » protocolaire, Christian Maizeret oppose un « Adishatz » solaire. Ce n’est pas une simple salutation, c’est un acte de résistance. Président de l’association l’AUSERON de BUDOS (« Nous oserons »), cet homme enraciné en Sud-Gironde ne préside pas seulement une structure locale ; il veille sur une braise que le temps menace d’éteindre.
Son engagement prend racine dans l’angoisse d’un autre : celle de Jean Dartigolles, figure de Budos disparue en 2017, qui craignait d’être le dernier à parler la langue de son village. Pour conjurer ce silence, Christian a édité le travail d’une vie : un lexique vibrant, illustré de centaines de photos, conçu non pas pour dormir sur une étagère, mais pour circuler dans les mains des écoliers.
Car Christian Maizeret est un lucide. Il observe avec inquiétude la « créolisation » du gascon, cet affadissement insidieux où le mot français faucheuse vient écraser la dalhadera ancestrale. Son combat est là : préserver la rugosité et la précision des mots d’origine, ceux qui racontent véritablement la terre.
Pourtant, sa méthode n’a rien de l’austérité académique. Son arme secrète, c’est la joie. Sa stratégie tient en un verbe magnifique : Arribiscular. Raviver. Redonner souffle.
Loin du folklore figé, il mise sur la convivialité moderne. Des « Apéro-Cantèras » où les chants traditionnels défilent en karaoké, aux courses relais de La Passem traversant la nuit gasconne, Christian crée des espaces où la langue respire encore. Il a compris que pour sauver un patrimoine, il ne faut pas le mettre sous verre, mais le remettre en bouche, le verre à la main et le cœur battant.
play_arrow
Christian Maizeret : Raviver la flamme gasconne Simon Bordelais
Podcast: Play in new window | Download
S'abonner à nos podcasts Apple Podcasts | RSS | More