play_arrow

L'interview matinale

Jean-Christophe Quinsac, bouilleur ambulant passionné

today1 août 2023 94 1

Arrière-plan
share close
  • cover play_arrow

    Jean-Christophe Quinsac, bouilleur ambulant passionné Mathieu


Jean-Christophe Quinsac, bouilleur ambulant passionné

Jean-Christophe Quinsac, bouilleur ambulant passionné
Jean-Christophe Quinsac, bouilleur ambulant passionné – photo : Véronique Cherpantier

Jean-Christophe Quinsac est un bouilleur ambulant passionné, installé en Gironde. Dans cette interview, il présente son métier peu connu de distillateur et explique comment chacun peut apprendre à transformer ses fruits en alcool.

D’une formation de vigneron à la création de Quintessence Distillation

À l’origine vigneron, Jean-Christophe a découvert par hasard un alambic abandonné lors de la restauration d’un chai. Cette trouvaille a été le point de départ d’une reconversion professionnelle et d’une nouvelle passion.

Après avoir restauré l’alambic grâce à l’aide de professionnels des métaux, Jean-Christophe a entrepris les démarches administratives pour obtenir le statut de bouilleur ambulant. Un parcours du combattant de plusieurs années pour faire reconnaitre cette activité traditionnelle tombée en désuétude.

Aujourd’hui, il travaille chez lui dans un atelier public déclaré aux services des douanes et a créé l’entreprise “Quintessence Distillation”. Son activité consiste à distiller les fruits que lui apportent les particuliers.

Faire renaître un savoir-faire ancestral

Le métier de bouilleur ambulant remonte au 19ème siècle. Autrefois, de nombreuses familles faisaient appel à ces distillateurs itinérants pour transformer leurs fruits en eaux-de-vie.

Avec la révolution industrielle et les bouleversements économiques du 20ème siècle, ce savoir-faire s’est peu à peu perdu. Aujourd’hui, Jean-Christophe souhaite le faire renaître et le transmettre au plus grand nombre.

La distillation permet d’extraire l'”essence” des fruits et d’obtenir des spiritueux naturels. C’est un procédé ancestral qui requiert patience et maîtrise technique. Jean-Christophe se définit comme un passeur entre une tradition presque oubliée et des particuliers désireux de renouer avec cette pratique.

Un alambic pour sublimer les fruits locaux

L’alambic de Jean-Christophe peut distiller jusqu’à 200kg de fruits à la fois. C’est un engin impressionnant qu’il a installé dans son atelier.

Grâce à la distillation, cerises, prunes, pommes et poires se transforment en précieuses eaux-de-vie. Même les figues peuvent être macérées dans l’alcool après distillation. Seul impératif : disposer d’au moins 80 litres de fruits fermentés.

Le rituel prend plusieurs heures et requiert patience et minutie. Il faut chauffer les fruits à feu de bois, recueillir la vapeur d’alcool, la condenser puis la laisser vieillir pour obtenir tous ses arômes.

Cette alchimie passionne Jean-Christophe. Son objectif est de rendre ce savoir-faire accessible au plus grand nombre, pour produire des spiritueux locaux et de qualité.

Redécouvrir le plaisir de la production locale

A l’heure où le consumérisme et la standardisation des goûts prédominent, Jean-Christophe veut proposer une alternative. Selon lui, la distillation à l’ancienne est un moyen de renouer avec les fruits de saison et de (re)découvrir le terroir.

Transformer ses propres prunes ou pommes en alcool, c’est retrouver la magie d’une production locale, maîtrisée de A à Z. C’est aussi l’assurance de déguster un spiritueux unique, aux saveurs authentiques.

Bien sûr, inutile de boire ces alcools forts nature. On peut les couper avec de l’eau pour obtenir une boisson plus douce, ou les mélanger à des jus de fruits. Le plaisir réside davantage dans l’acte de création que dans la consommation finale.

Un projet pour retisser des liens

Au-delà de l’aspect technique, la démarche de Jean-Christophe s’inscrit dans une volonté de créer du lien social. Il souhaite mettre en relation des personnes de générations et d’horizons différents par le biais de ce savoir-faire commun.

Le bouche-à-oreille fonctionne bien et de nouveaux clients le contactent chaque semaine. Certains, nostalgiques, se remémorent des souvenirs d’enfance liés à la distillation. D’autres sont simplement curieux d’en apprendre plus sur ce métier insolite.

Les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille restent les meilleurs moyens d’entrer en contact avec Jean-Christophe et Quintessence Distillation. Il suffit de quelques fruits fermentés et d’un peu de motivation pour vivre l’aventure de la distillation. Alors, à vos alambics ?

Contact : Jean Christophe Quinsac : 06.09.97.53.47 ou qintessence@mailo.com

  • cover play_arrow

    Jean-Christophe Quinsac, bouilleur ambulant passionné Mathieu


L'interview matinale

Rate it
0%