La Passem : 600 km de relais pour faire vivre l’occitan
Jean-Louis Bouillac n’est pas seulement un retraité originaire d’Illats ; il est l’architecte d’une ligne de vie. Au micro de Radio Lenga, sa voix, humble mais déterminée, porte un message clair : la langue occitane est vivante, à condition que l’on continue de se la passer.
Cette transmission prend une forme physique spectaculaire : La Passem. Une chaîne humaine de 600 kilomètres qui traverse la Gascogne, de jour comme de nuit, pendant six jours. Au cœur de ce cortège circule le Ligam (le lien), un témoin passé de main en main contenant un message secret qui ne sera révélé qu’à l’arrivée à Pau. Plus qu’un objet, c’est le symbole d’une culture qui refuse de rompre le fil.
Mais derrière la ferveur festive, Jean-Louis Bouillac affiche un pragmatisme lucide. On court pour la moneda, dit-il avec franchise. Chaque kilomètre acheté finance concrètement l’avenir : les écoles Calandretas et les projets culturels. C’est une prouesse logistique — un cortège roulant à 8 km/h encadré par la gendarmerie — mise au service d’une urgence vitale.
Loin de la performance solitaire, c’est une œuvre collective. « Tout le monde peut courir », insiste-t-il. En l’écoutant, on comprend que tant qu’il y aura des mains pour saisir le Ligam, la langue continuera d’avancer. La Passem ne fait pas que traverser le pays : elle le réveille.