play_arrow
Espoir sans tremblement : Le cerveau prédictif le freezing FV/23
C’est reparti pour une nouvelle année sur les ondes de REM avec l’émission Espoir sans tremblement. Si Gérard manquait à l’appel pour cette rentrée 2026, Olivier et Francis ont assuré le service pour aborder un sujet qui touche le quotidien de près de 70% des parkinsoniens : ce fameux « bug » du cerveau qui fige le corps, le freezing.
Mais saviez-vous que ce blocage n’est pas musculaire ? Il vient d’un défaut d’anticipation de votre propre cerveau. Plongée au cœur du « cerveau prédictif ».
Imaginez votre cerveau comme un GPS ultra-sophistiqué. En temps normal, il calcule tout à l’avance, sans que vous n’ayez à y penser : la hauteur d’une marche, le rythme de vos pas, la distance d’une porte. C’est ce qu’on appelle le cerveau prédictif.
Dans la maladie de Parkinson, la dopamine, cette hormone du plaisir et du mouvement, vient à manquer. Or, elle sert aussi à ce timing précis. Résultat ? Le système d’anticipation déraille. Votre corps se fige, souvent devant un obstacle bête comme un seuil de porte ou un passage étroit. Ce n’est pas que vos jambes ne fonctionnent plus, c’est que la commande automatique ne répond plus.
Le piège classique ? La panique. Se sentir observé (le regard des autres pèse lourd) ou pressé (un taxi qui attend) augmente le stress, ce qui renforce le blocage. C’est un cercle vicieux : plus on veut forcer le mouvement, moins on y arrive.
Heureusement, rien n’est fatal. Si l’autoroute principale de l’information est bouchée, on peut emprunter les départementales. C’est le principe de la neuroplasticité : on peut entraîner son cerveau à créer de nouvelles connexions.
Olivier a partagé durant l’émission cinq stratégies concrètes, testées et approuvées, pour débloquer la marche :
Reprogrammer le démarrage : Créez un petit rituel avant de vous lancer. Ne démarrez pas à froid.
L’intention visuelle : Ne marchez pas « dans le vide ». Fixez un objectif précis (un arbre, un panneau, une ligne au sol). Certains utilisent même des pointeurs laser fixés sur leur déambulateur pour créer une ligne visuelle à franchir. Ça paraît magique, mais ça marche : le cerveau change de mode de traitement.
Décomposer le mouvement : Oubliez l’automatisme. Pensez chaque étape : je pose le talon, puis le plat du pied, je plie les orteils. En intellectualisant la marche, vous contournez la zone du cerveau qui bugge.
Le rythme et la musique : C’est prouvé cliniquement (notamment par le CHU de Montpellier), le cerveau se cale instinctivement sur le rythme. Mettez un casque, écoutez une playlist adaptée ou utilisez un métronome. Si vous n’avez rien sous la main, comptez mentalement « 1-2, 1-2 ».
Le mot-clé : Créez votre propre « kit anti-freezing ». Un mot simple comme « Go ! » prononcé à haute voix peut suffire à déclencher l’action.
L’émission a aussi souligné l’importance capitale du sommeil. Attention aux apnées du sommeil ! Elles privent le cerveau d’oxygène et créent un stress oxydatif qui accélère la dégénérescence neuronale. Si vous ronflez ou que vous êtes épuisé au réveil, parlez-en : traiter l’apnée peut réellement améliorer vos symptômes.
Enfin, une note d’optimisme pour l’avenir : l’intelligence artificielle. Elle accélère la recherche de manière exponentielle, permettant de modéliser des molécules et de trouver des points communs entre différentes maladies neurodégénératives. L’espoir de traitements ultra-personnalisés n’a jamais été aussi proche.
Comme le disent si bien les animateurs : la maladie change le rythme de la vie, mais elle ne doit pas empêcher la musique de continuer.
play_arrow
Espoir sans tremblement : Le cerveau prédictif le freezing Francis Virepinte
Podcast: Play in new window | Download
S'abonner à nos podcasts Apple Podcasts | RSS | More