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À l'ESAT Saint Jean, 40 ans d'histoire se racontent au micro de REM Mathieu ROMAIN
C’est bien plus qu’une simple émission de radio que l’équipe de R.E.M nous a livrée cette semaine. Depuis Saint-Brice, à deux pas de Sauveterre-de-Guyenne, les travailleurs de l’ESAT Saint Jean ont capturé un moment de grâce avec la complicité de Mathieu, un de ces instants suspendus où le passé et l’avenir se croisent. Le thème ? La transmission. Mais oubliez la théorie : ici, on parle de vécu, de tripes et de cœurs serrés.
Sous la houlette de Lucas et Loïc à l’animation, l’émission s’est transformée en un hommage bouleversant à deux figures emblématiques des lieux, Nathalie et Michel, tous deux sur le départ après une vie entière consacrée à l’établissement.
Nathalie, cheffe de service, ne part pas simplement à la retraite ; elle laisse derrière elle une empreinte. Au micro d’Albert, dont les questions touchent toujours juste, elle revient sur quatre décennies d’évolution. Elle a connu l’ESAT quand ce n’était qu’une petite structure presque familiale. Aujourd’hui, l’établissement accueille 80 personnes, mais Nathalie insiste : les fondations, elles, n’ont pas bougé.
Ce qui frappe à l’écoute, c’est l’humilité de son message. Elle parle de confiance, d’autonomie, de cette liberté qu’il faut oser donner. « J’ai beaucoup transmis, mais j’ai énormément reçu », confie-t-elle. C’est peut-être ça, la véritable mission de l’ESAT Saint Jean : au-delà de l’adaptation du poste de travail ou de l’apprentissage technique, c’est une aventure humaine où les rôles s’inversent parfois. L’encadrant apprend autant du travailleur que l’inverse.
Et puis, il y a Michelle. 46 ans de maison. Sa voix raconte à elle seule l’histoire des murs. Avec une spontanéité désarmante, elle nous ramène à une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, celle de « Sœur Vincent », du réfectoire des sœurs et de ce petit verre de vin le midi – une autre époque, dirons-nous !
Michelle, c’est la gardienne des souvenirs : la mise en bouteille au château, le travail dans les vignes, la blanchisserie, les voyages en Corse ou au ski. En l’écoutant échanger avec ses collègues, on comprend que Michelle n’était pas juste une ouvrière parmi d’autres. Pour Marie-Paule ou Jean-Pierre, il était une boussole, un grand frère, parfois même une figure protectrice.
Quand il demande naïvement si elle manquera à l’équipe, la réponse de ses collègues est un cri du cœur. Oui, Michelle restera. Pas physiquement, mais à travers tout ce qu’elle a montré, expliqué, et par sa simple gentillesse. C’est la définition même du « savoir-être » que l’ESAT s’efforce de cultiver.
Ce moment charnière ne pouvait se faire sans évoquer l’avenir. Madame Morel, la nouvelle directrice adjointe, a pris la parole avec une délicatesse notable. Arriver après des figures historiques n’est jamais simple. Pourtant, son message est clair : elle est là pour saisir le témoin, pas pour réécrire l’histoire. Elle s’inscrit dans cette continuité, portant la responsabilité de maintenir cet « esprit de famille » qui semble être le ciment de Saint-Brice.
L’émission se clôt sur des choix musicaux qui en disent long. Evanescence, Titanic, Soprano… Des mélodies qui parlent de départ, de masques qui tombent et d’amour qui reste.
Bravo à toute l’équipe de l’ESAT Saint Jean pour ce travail journalistique et humain. Vous avez prouvé, une fois de plus, que vos compétences dépassent largement le cadre de l’atelier : vous êtes des passeurs d’émotions. Michel, Nathalie, bonne route à vous. Saint-Brice ne vous oubliera pas.
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À l’ESAT Saint Jean, 40 ans d’histoire se racontent au micro de REM Mathieu ROMAIN
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